D’un siècle à l’autre : L’histoire ferroviaire d’Agincourt s’enrichit d’une nouvelle gare

L’un des plus vieux quartiers de Scarborough va bientôt accueillir l’une des plus récentes gares.

9 févr. 2021

La gare GO d’Agincourt a fait partie intégrante de l’histoire de la famille Preston pendant près d’un siècle.

Cheryl Preston, tout comme son père, est née et a grandi dans la communauté de Scarborough.

« Enfant dans les années 20, mon père et son petit frère s’aventuraient jusqu’à la gare pour voir le chef de gare, Newt Joynt », déclare Cheryl Preston, dont le père, Howard Preston, célèbrera 100 ans en novembre cette année.

Tout comme les résidents de la zone, la gare locale a une histoire longue et pleine de rebondissements.

Selon l’Association d’histoire ferroviaire de Toronto, la première gare de la ville d’Agincourt a été construite en 1871, peu avant que la communauté (petite à l’époque) soit créée.

Elle était détenue par la Toronto and Nippising Railway, et est ensuite passée aux mains du chemin de fer du Grand Tronc (Grand Tronc) et enfin de la Compagnie des chemins de fers nationaux du Canada (CN). La structure de la gare était petite et simple, faite de planches transversales.

Prise sur le site Internet de l’Association d’histoire ferroviaire de Toronto, cette photo qui date de l’an 1900, représente la gare à l’époque où elle était détenue par le chemin de fer du Grand Tronc

Le bâtiment a été finalement démoli et remplacé par la version que nous connaissons aujourd’hui, lorsque la gare GO d’Agincourt a été intégrée à la ligne GO de Stouffville dès sa création en 1982.

Une deuxième gare a été construite à l’est de l’intersection en 1884 par le Chemin de fer de l’Ontario et du Québec qui plus tard a fusionné avec le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP).

La version à deux étages de la gare comportait une salle d’attente, une salle de fret et un bureau pour le chef de gare au 1er étage, avec un espace privatif pour ce dernier au second étage.

La gare sera finalement démolie et jamais reconstruite.

Les deux gares à cette époque ne contribuaient pas seulement à développer l’économie locale, mais faisaient également partie de l’identité communautaire ; d’autant plus lorsque les voies ferrées passaient jusque dans votre jardin, comme c’était le cas pour la famille Preston.

« Lorsque papa était enfant, les trains fonctionnaient au charbon, et sa mère n’était pas vraiment ravie du passage du train après qu’elle ait étendu du linge. »

Preston déclare que sa sœur Susan, décédée il y a quelques années, a fait partie des premiers utilisateurs de la gare GO d’Agincourt lorsqu’elle fut ouverte la première fois. La gare était à une courte distance de marche de la maison familiale et elle faisait souvent ce trajet jusqu’à la gare Union.

Sur cette photo, Susan, la soeur de Cheryl, porte un foulard rouge et monte à bord du train GO avec d’autres navetteurs. À l’époque où cette photo fut prise en 1981, l’ancienne gare CN avait été détruite et la nouvelle gare GO n’avait pas encore été construite. Le bâtiment blanc sur la droite servait de remisage et a été également démoli. (Photo : gracieuseté de Cheryl Preston)

« Je me souviens qu’elle était impatiente de s’asseoir avec les autres membres de notre communauté d’Agincourt et de retrouver sa photo, prise durant le trajet, dans les journaux locaux. »

Au fil des années, la vieille gare en briques avait vu passer d’innombrables clients et tenait lieu de plaque tournante pour la communauté. Qu’’il s’agisse de la décoration de fenêtres dans le cadre du programme Adopte-une-gare, de célébrations de Noël ou d’Halloween, ou même des campagnes de nettoyage communautaire, la gare représentait bien plus qu’une charmante escale – elle rassemblait les gens.

Cheryl Preston est photographiée ici devant la gare à l’époque où celle-ci était détenue par la CN. Selon l’Association d’histoire ferroviaire de Toronto, la fréquentation de la gare a significativement baissé après les années 50 ; et dans les années 70, seuls deux trains s’arrêtaient à Agincourt. Une décennie plus tard, elle sera démolie et fera place à la Gare GO d’Agincourt en 1982. (Photo : gracieuseté de Cheryl Preston)

Preston déclare que l’architecture de l’ancienne Gare GO d’Agincourt collait bien à la zone, étant donné la présence de plusieurs maisons historiques. Elle reconnait qu’elle est triste de voir s’en aller la vieille gare en briques, mais également impatiente de voir comment la nouvelle gare sera bénéfique pour les navetteurs et la communauté.

« Pendant de nombreuses années, nous avons vu plusieurs navetteurs attendre les trains sous toute sorte de conditions climatiques. Par conséquent, je pense que ce serait bien qu’ils aient désormais des abris ainsi que tous les équipements dont la gare sera dotée. »

La nouvelle gare, dont la livraison est prévue pour la fin de 2021, sera très différente des précédentes sur le plan architectural. (Photo Metrolinx)

Elle sera certifiée LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) avec une nouvelle zone d’embarquement et de débarquement des passagers, une seconde voie et un second quai ainsi que des abris intégrés sur les quais afin de protéger les usagers des intempéries.

« Ayant personnellement grandi et vécu dans la communauté de Scarborough toute ma vie, c’est particulièrement gratifiant d’être le témoin des retombées de la nouvelle gare pour les années à venir. » déclare Sean McCreight, gestionnaire de projet pour les travaux préliminaires du programme d’expansion de GO.

Son équipe et lui sont très contents d’écrire ce nouveau chapitre dans l’histoire ferroviaire d’Agincourt, un chapitre qui profitera aux générations futures.

Les nouvelles installations aideront à mieux satisfaire les 1 000 clients quotidiens supplémentaires que Metrolinx attend dans les 10 prochaines années. La société de transport prévoit en effet un trajet bidirectionnel toutes les 15 minutes et un service toute la journée entre Unionville et la gare Union.


par Nitish Bissonauth Conseiller bilingue du contenu editorial de Metrolinx